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Département d'Anthropologie
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Michèle Fédou
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Le tutorat

Textes d'automne 2007

J'en vois un(e) qui aurait bien une petite question, fatigue du bloguiste, fatigue 2.

Etudiant(e)s étranger(e)s
Soyez modérés : ne soyez pas maliens, noirs, pauvres et anthropologues

Mort de Jean Séguy, sociologue des religions

Quelques photos du mouvement

La Loi
Il y a actuellement  1  anthropo-b-logue(s)


Jeudi 13 décembre 2007 4 13 /12 /Déc /2007 06:28
Hier Maman Michèle nous a écrit une lettre. Puis un enseignant d'anthropologie nous a transmis une citation de Gandhi. Ca tombe à pic, puisque votre serviteur hésitait à faire son post sur la journée du 12 décembre. Invité à l'AG de philo, la journée fut si complexe et si riche et les discussions si brillantes, qu'il aurait de la peine à vous en parler.

Donc,  (1) de Maman Michèle (excusez la mise en forme un peu erratique):

Département d’Anthropologie                                              Saint-Denis, le 11 décembre 2007

Tél. : 01 49 40 72 70
michele.fedou@univ-paris8.fr
 
 
 
 
 
 
 
Madame, Mademoiselle, Monsieur,
 
 

Depuis le début du mouvement contre « la loi LRU », il nous semble que le contact à quelque peu été interrompu avec certains étudiants. Cependant, vous pouvez vous tenir informé par l’intermédiaire du blog du département :     anthropologiep8.org

 
 

Nous vous rappelons qu’il n’y a pas matière à inquiétude concernant la validation de ce premier semestre : les examens sont reportés entre le 28 janvier et le 2 février 2008, le mode de validation reste à définir et un calendrier sera établi en temps utile. La reprise des cours aura lieu le 18 février.

 
 

Le Président de l’Université, Pascal BINCZAK, s’est engagé à ce qu’aucun étudiant ne soit pénalisé : il n’y aura pas de validation pendant le mouvement. Si tel était le cas, nous vous invitons à venir nous en parler. Une motion du CEVU, validée par le conseil d’Administration a été votée en ce sens. Vous pouvez la trouver sur le site de l’université : conseils centraux et commissions. Le Président, ainsi que les vice-présidents, sont opposés à la loi LRU et soutiennent le mouvement.

 
 

D’autre part, les enseignants sont présents aux heures de permanences et de cours, dans la salle des enseignants ou la salle de cours, ou parfois en assemblée générale, mais restent à votre disposition pour toutes questions. Il serait souhaitable que pendant la semaine du 17 au 21 décembre, vous repreniez contact avec vos enseignants.

 
 

Nous vous rappelons qu’un tutorat d’accompagnement a été mis en place. Il est assuré par

 

Sanaa MEFITEH – doctorante

 

qui organise ce tutorat depuis plusieurs années. Vous la trouverez en D128 (salle des enseignants)

 

les lundis et mercredis de 14h45 à 16h15

 

N’hésitez pas à aller la voir, elle est à votre disposition pour répondre au mieux aux questions que vous pouvez vous poser : méthodologie, organisation, bibliographie…

 
De plus, elle est Présidente de l’association Le Lab’o :

 
 
 

« L’association Le Labo a pour objet de développer et valoriser une activité intellectuelle hors cadre, en vue de préserver une pensée « anthropo-logique » critique au sein de l’université Paris 8. ». Vous pouvez contacter l’association sur :    lelabop8@yahoo.fr

 
 
 
En cette fin d’année, l’université sera fermée
 

du samedi 22 décembre 2007 jusqu’au dimanche 6 janvier 2008

reprise des cours : lundi 7 janvier 2008

 

A l’occasion de cette fin d’année, nous vous proposons un pot, comme nous le faisons habituellement, le vendredi 21 décembre à partir de 16 h 00 en salle D08. Il est de coutume que chacun apporte quelque chose au choix: sucré, salé, boisson, mais surtout et avant tout sa bonne humeur ! Seront également présents, bien qu’ils n’aient jamais vraiment quitté le département pour « raison sentimentale », quelques anciens étudiants.

 

Comptant sur votre présence, nous vous prions de croire, Madame, Mademoiselle, Monsieur, en nos cordiales salutations.

 
 
 
 
                                                                                                Michèle FÉDOU

Et (2) de Gandhi :

C’est la médiocrité des enseignements et du contrôle des connaissances, la confusion morale et la corruption matérielle, ajoutés au climat d’ennui mortel et de terrible irréalité qui font de l’université le bouillon de culture de la révolution et de la violence.

 

Gandhi

Par DEMS/MF - Publié dans : Rentrée automne 2007
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Mercredi 12 décembre 2007 3 12 /12 /Déc /2007 09:20

La journée d'hier 11 décembre, fut une sorte d'exploration underground des sous-terrains de la démocratie.

15 h, départ d'action à 200 personnes, à partir du hall d'entrée. Métro Saint-Lazare, attente et changements de quais pendant au moins ¾ d'heure. Embarquement soudain dans une rame de la ligne qui mène à la nouvelle bibliothèque nationale puis cavalcade dans les couloirs labyrinthiques de la station Châtelet – Les Halles.

Devant une ligne infranchissable de débite-prolétaires on oblique vers une porte ouverte ... on l'on rencontre une escouade de survêtements bleus (vous savez, avec la casquette de base-ball) qui bloque le passage. Ça pousse, ça tire, jusqu'au moment où la première ligne est aspergée d'un liquide lacrymogène irritant : volée de moineaux immédiate, et plusieurs personnes commencent à s'asseoir dans le couloir contre le mur, tétanisées de suffocation, irritation, douleur.

On distribue les collyres, on en met dans les yeux rougis. Les fonctionnaires de la RATP et des pompiers arrivent sur les lieux, nous mettons les éclopés à l'écart.

Votre serviteur fut très impressionné : chacun des patients, n'arrivant pas à ouvrir les yeux, demandait « ne me laissez pas seul(e) ». Nous frottâmes avec du citron qui eut un effet plus calmant et plus immédiat. A mesure que les douleurs s'apaisaient sur des visages révulsés, votre serviteur eut cette pensée parfaitement idiote, due à cet indécrottable tropisme rabbinique : « et les enfants de Jérusalem allèrent seuls au devant de leurs persécuteurs », ça doit être quelque part dans les Lamentations de Jérémie, dont un polyphoniste de la toute fin de l'époque médiévale (Thomas Tallys ?) fit une impressionnante partition. Vérifiez aussi (car je n'ai pas le temps) si sous le titre générique de « Leçon des ténèbres », Couperin ne donne pas des versets des Lamentationes Hieremiae Prophetae.

Bon. Ensuite distribution de tracts, avec Paris 13, dans le complexe commercial suffocant des Halles, encadrés par une troupe de survêtements bleus, et une nuée de civils à portables et oreillettes. Le public plutôt froid, et même franchement hostile dans certains cas : « feriez mieux d'aller travailler. » Oui, répondirent-ils, travailler plus pour gagner moins.

Déménagement vers la Gare de Lyon, par le RER, puis nouvelle distribution de tracts, largement plus lus cette fois-çi. Mais même pression policière. Tolbiac arrive. 600 personnes vont en direction de la sortie par un infâme boyau commercial.

18 h, votre serviteur étouffe, avec une sorte de grippe aviaire dans les bronches. Avec quelques uns nous sortons, à l'air libre et pollué, la nuit elle-même ressemble à un souterrain.

Il n'est décidément pas possible d'échapper à Alphaville. Cette jeunesse suffoque.

Mais enfin, comme le dit le Président Mao Zedong :



Par DEMS/MF - Publié dans : Fleurs d'automne 2007
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Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 10:16

11h, AG de l’UFR TES. (Dans la "clinique verte") Rien de spécial, mais votre serviteur y va toujours, parce que c’est la meilleure occasion de rôder les hypothèses tactiques de la journée.

12h30 centrale et « plénière » AG. 400 personnes au moment le plus fort, 200 à 250 personnes pour les votes.


On y reconduit le principe de la grève. Ensuite , dans une relative confusion légère majorité à la poursuite du blocage. (A la vérité, non tenu aujourd’hui 11, mais comité d’accueil avec un tract au titre godardien : « tout va bien … »). Etc.

 

Gauche Morale moins insistante qu’on aurait pu le croire précédemment sur la reprise des cours, ronchonnante plutôt.

 

Anthropologie accueille le comité de rédaction du tract « tout va bien », ce qui n’est pas au goût de tout le monde.


Mais tout le monde est si gentil.

Vers 22h, votre serviteur quitte les lieux, et le bâtiment C, plongé dans une quiétude digne du Nirvana. Quelques photos avant de partir, pendant que Zarathoustra la Kaïra méditait silencieusement à son Kairos.


Même les lascars faisaient le ménage …

 

Tout était tellement gentil qu’il n’y manquait plus que la crèche, Schöne Nacht, Stille Nacht ...


Par DEMS/MF - Publié dans : Fleurs d'automne 2007
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Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 06:30
Encore un joli texte non-tract.



DE QUOI LA LRU EST-ELLE LE NOM ?

 
L’un des quinze engagements pris par Nicolas Sarkozy dans son programme présidentiel concerne l’université, il s’agit du 8ème engagement, il est intitulé: « gagner la bataille mondiale de l’intelligence ».

Cet engagement commence par un constat :

« Nos établissements publics ne sont pas assez performants. »

Le mot est lâché sans vergogne, dès les premières lignes. La LRU suivra.

Le constat se poursuit dans les paragraphes suivants :

« Nos université non sélectives sont sans autonomie, fictivement plaçées sur un pied d’égalité, obligées d’accueillir des étudiants mal préparés dont un sur deux échoue au bout d’un an, et encouragées à alimenter des filières d’enseignement sans débouché à la sortie. »

Tout est dit, tout est même écrit.

Ce que la LRU instaure est issu de ce constat, je le relis :

« Nos universités non sélectives sont obligées d’accueillir des étudiants mal préparés » [mais qui sont ils, ces étudiants mal préparés, qui les a mal préparés sinon l’éducation nationale, ne nous faisons pas d’illusions, ces étudiants visés, les mal préparés, sont en général les mals nés, les déjà exclus dès l’école, les pauvres en  gros, ces pauvres que] « nos universités non sélectives sont obligées d’accueillir ».

Ce que dit ce texte c’est :

Non aux étudiants en trop grand nombre et mal préparés (je vous le demande, qu’est-ce qu’un étudiant « préparé » ? préparé à quoi ? là est toute la question.) La réalité est que 50% des étudiants sont obligés de se salarier pour financer leurs études et que le droit au logement devient pour eux comme pour beaucoup d’autres un combat.

Ce que dit ce texte c’est :

Non à l’échec. Sauf que l’échec fait partie intégrante de la vie, et que ce qui est ici appelé échec peut aussi recouvrir l’hésitation d’un étudiant entre deux matières, deux disciplines, c’est-à-dire la recherche dans son essence : le droit à l’erreur. La recherche sans rentabilité immédiate.

Kafka écrivait qu’il fallait un nombre incalculable de prototypes défaillants pour produire un seul écrivain, un seul poème. Disant cela il introduisait le droit à l’erreur, le droit au risque, y compris celui de l’échec, comme dynamique même de la pensée. La recherche fait partie de l’échec et l’échec fait partie de la recherche. Ce n’est pas Proust qui nous contredira.

Ce texte dit encore :

« Non aux filières d’enseignement sans débouché ».

Mais qu’est ce qu’un « débouché » pour un philosophe, un étudiant en lettres, en sociologie, en art ? (excepté l’enseignement) ? la LRU ne va quand même pas nous forcer à travailler dans la publicité ou aux ressources humaines des entreprises?

Si, ils vont le faire si nous ne nous battons pas. Nicolas Sarkozy est malheureusement l’un des seuls présidents qui applique son programme, et fait ce qu’il dit.

Je continue l’analyse de ce texte, de cet engagement présidentiel, dont voilà la suite :

« En laissant cette situation perdurer, nos jeunes, et à vrai dire le pays tout entier, ont été mis en grave danger : il ne faut pas chercher beaucoup plus loin la raison des difficultés d’insertion professionnelle des jeunes, ni celle de leur départ en masse à l’étranger, ni celle de l’immense sentiment de frustration de ceux qui restent, ni celles de nos difficultés économiques. »

Voilà, c’est dit : L’université, ou plutôt, la mauvaise gestion de l’université, serait la source de tous les problèmes en France….. chômage des jeunes, révolte des banlieues, économie en général, déficit, crise. Il faut quand même oser l’écrire mais surtout,  au-delà, il faut oser prendre au sérieux ce texte, ces mots de notre président, ces mots du pouvoir, et surtout la pensée qu’ils recouvrent. Parce que c’est cette pensée là, cette vision là du monde, de l’université, du travail, de la vie, que ce pouvoir est en train d’imposer, avec tout l’arsenal juridique qui permettra désormais à cette pensée de régner.

La deuxième partie de l’engagement propose en effet les mesures qui seront le remède à son constat : ces mesures, c’est la fameuse loi d’autonomie des universités ou LRU.

Dans ce paragraphe sobrement intitulé « L’autonomie des universités », il est dit que :

« Nous alignerons les moyens de l’enseignement supérieur et de la recherche sur ceux de nos concurrents. » (Où l’on peut répondre à l’Unef qu’il n’a rien gagné que ce qui avait déjà été décidé par notre tout puissant président, dont on peut constater la tendance à acheter les mouvements).

« Avant la fin de l’été 2007 une loi aura réformé la gouvernance des universités et créé un statut d’autonomie pour les universités volontaires qui leur permettra de diversifier leurs ressources, de recruter des enseignants et des chercheurs et de moduler leurs rémunérations, de gérer leur patrimoine et de passer des contrats blabla bla avec des acteurs de la vie économique locale, bref, (et c’est là que ça devient intéressant) de se battre dans la compétition internationale des établissements d’enseignement supérieur avec les mêmes armes que leurs concurrents. »

La rhétorique guerrière est de mise sous la présidence de Sarkozy, et c’est déjà en soi un signe inquiétant. Mais, appliquée à l’université ou comme en titre, à l’intelligence, à la pensée, la rhétorique guerrière, capitaliste, concurrentielle, révèle son vrai visage. Celui de la bêtise. Celui de l’oppression par la bêtise, l’abrutissement. En effet, la rhétorique guerrière ne peut pas s’appliquer à la pensée. Car la « bataille de l’intelligence » ne se gagne pas. Ou sous une toute autre forme que celle rêvée par Sarkozy et au sein d’une toute autre « gestion », puisque c’est de gestion qu’il s’agit. Gagner la bataille de l’intelligence c’est écrire « Un coup de dés jamais n’abolira le hazard », ce n’est pas trouver un travail, obtenir un diplôme, ou servir le capital. Je rappelle que Mallarmé exécrait son travail de professeur, parce qu’il l’empêchait d’écrire. Nous n’en sommes même plus là : de nos jours ce sont nos travails de vendeurs au Mac Do qui nous empêchent d’étudier.

L’université ne doit pas être un terrain de chasse, il ne doit pas y avoir de « concurrence » entre les chercheurs, les étudiants, les professeurs, mais au contraire un rapport d’intérêt commun, une émulation et une joie partagée dans la recherche et l’invention – joie que ne connaît pas la concurrence, ou alors sous sa forme triste du chacun pour soi, quand L’INTELLIGENCE, L’ENTENDEMENT, LA PENSEE n’appartiennent à personne, ne sont et ne doivent pas être des biens privés.

C’est ainsi que nous, étudiants, disons non à la privatisation de l’université qui, si les mots étaient employés selon leur sens et non selon celui que l’on veut leur faire revêtir, devrait être le nom de cette loi.

Les étudiants répondent à la LRU, à l’esprit de la loi :

Nous, étudiants, ne sommes pas des machines en formatage, l’intelligence n’est pas et ne doit pas être subordonnée à l’Etat, surtout pas à celui-ci, ni aux entreprises, surtout pas à celles-là, les étudiants refusent l’augmentation des frais de sélection à l’université et l’orientation à l’issue de la terminale. Nous refusons cette orientation à laquelle le gouvernement Sarkozy et ses alliés du medef veulent nous soumettre, orientation qui viendrait dire à chacun à quel métier il a droit de prétendre, à quelles études on le soumettra.

Etudier n’est pas une soumission, c’est un choix.

Nous sommes étudiants, anciens étudiants, futurs étudiants, chômeurs, RMIstes, sans papiers, lycéens, et parfois tout ça à la fois.

Aujourd’hui le président de notre université, j’ai nommé Paris 8, ex Vincennes, nous a invités à faire part de notre opposition à la LRU.

Nous sommes en grève et occupons la fac, nous dormons dans le bâtiment C depuis maintenant un mois.

Nous réclamons l’abrogation immédiate de la LRU, du LMD, nous appelons les enseignants, les étudiants, les personnels administratifs à se réunir et à poursuivre ensemble la mobilisation, nous appelons à la création d’universités autogérées, à inventer, dont une à l’intérieur même de ces murs, dans ce fameux esprit de Vincennes que l’on tente de remettre au gout du jour, et ce afin qu’il s’incarne.

Nous appelons à la création d’universités ouvertes à tous, libres, gratuites et critiques, partout en France et dans le monde.

Nous appelons également à l’arrêt des rafles et des expulsions, à la régularisation de tous les sans papiers, à l’abrogation des lois racistes.

Nous soutenons la révolte de Villiers le Bel, intervenue suite à la mort de deux enfants sous les roues policières, nous nous déclarons solidaire de la révolte des banlieues, issue de dizaines d’années d’exclusion, d’oppression, de déni fait à des populations entières.

Nous appelons enfin à un vaste mouvement populaire en lutte contre ce gouvernement.

Par DEMS/MF - Publié dans : Textes d'automne 2007
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Lundi 10 décembre 2007 1 10 /12 /Déc /2007 19:34
Complément audiovisuel à notre article du 7 décembre 2007.



Répression du mouvement étudiant contre la LRU
envoyé par MobilisationP8


" Moralité (du Lab'o) : s’affadir sur notre capacité à encaisser les coups, c’est se méprendre sur notre capacité réelle d’en donner...Mais encore faut-il que nous ayons les corps à la hauteur de notre révolte et le vague sentiment de n’avoir a priori rien à perdre... "

[NDLR : ah elle est belle la moralité du Lab'o !]

Par DEMS/MF - Publié dans : Fleurs d'automne 2007
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Dimanche 9 décembre 2007 7 09 /12 /Déc /2007 00:17
Votre serviteur milite beaucoup pour le département d'anthropologie. Mais il faut savoir qu'il y a beaucoup d'autres départements dans lesquels le désir d'études (qui n'est pas une demande de réussite) est aussi violent que le désir tout court.

D'un jeune homme en philosophie, déjà publié ici-même : une pièce de plus à notre collection de textes "non-tracts", ceux qui contribuent à nous donner le sens de ce que nous faisons.




 

Conférence-débat sur la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU)

Paris 8 – Mercredi 5 décembre 2007
 
 
 

Je vous propose de discuter des relations entre enseignants et étudiants, mais avant cela, je voudrais formuler une première proposition qui rendra les autres possibles.

 

La loi LRU ajoute une mission à l’enseignement supérieur. L’article L123-3 du code de l’éducation est ainsi modifié, et il y apparaît « l’orientation et l’insertion professionnelle ».

Comme si l’université était responsable du chômage de masse persistant !

Une fois de plus, on s’attaque à des symptômes (le chômage de masse) sans regarder les causes de ces symptômes.

Le première proposition est donc d’avoir une politique de lutte contre le chômage de masse, ce qui favorisera certainement davantage l’insertion professionnelle que n’importe quelle réforme de l’université.

[Le contexte écologique dans lequel nous nous trouvons (épuisement des ressources fossiles, pollutions multiples) permettrait la création de nombreux postes, par exemple dans le développement d’énergie renouvelables, ou encore dans l’aménagement d’une politique nationale de transports en commun afin d’inciter les automobilistes à renoncer à leurs véhicules personnels.]

 

Seule une université dégagée de la mission de professionnalisation peut être autonome et se consacrer à ses deux missions essentielles :

-         d’une part la formation spirituelle et intellectuelle

-         d’autre part la recherche de la vérité pour elle-même, ce qui suppose un espace public où s’exerce un usage libre de la raison, la professionnalisation faussant le rapport au savoir.

 

Ceci dit, notre rapport au savoir est déjà faussé dans l’université actuelle, ce que traduisent les rapports entre enseignants et étudiants.

On assiste déjà à un clientélisme de la part des étudiants comme des enseignants :

-         le professeur vend des cours contre de l’argent

-         l’étudiant achète des « crédits ECTS » contre un temps de travail

 

La notation fausse la relation entre étudiants et professeurs : elle présuppose que le savoir se transmet de l’enseignant vers les étudiants.

Pourtant, comme le disait Platon dans le Banquet (en 178d), le savoir ne s’écoule pas de la coupe la plus pleine vers la coupe la plus vide. La condition de transmission du savoir est l’amour du savoir, non la hiérarchie que l’on appelle aujourd’hui « gouvernance ».

Or, la hiérarchie semble très présente à l’université, au point que les étudiants s’appellent eux-mêmes « élèves », comme s’ils n’avaient pas plus de libertés qu’au lycée. Il semblerait qu’une infantilisation des étudiants soit acceptée dans l’université, que ce soit par paresse de la part des étudiants ou par lâcheté de la part des enseignants.

Je propose donc de nous interroger sur la boulimie de cours de méthodologie, et d’essayer de responsabiliser davantage les étudiants.

 

Pour cela, nous pourrions remettre en question l’organisation actuelle d’un cours. Pourquoi les cours ne seraient-ils pas des espaces où étudiants et enseignants choisiraient un sujet pour un semestre, et établiraient ensemble une bibliographie ? Dans de tels espaces, étudiants et enseignants s’aideraient mutuellement pour comprendre articles, extraits de livres, romans, films ou autre. L’étude de ces textes, films et autres ne serait plus une fin en soi, mais un moyen d’élaborer une réflexion collectivement, où chacun transforme son regard sur le monde et sur lui-même.

 

Cette proposition peut sembler inadaptée aux cursus autres que sciences humaines et sociales et filières artistiques. Je crois toutefois qu’une telle pratique dans d’autres filières serait un très bon complément aux cours actuels, notre vision du monde ne devant pas se restreindre à celui de notre spécialité.

C’est d’ailleurs à mon avis cette spécialisation à outrance qui conduit à des lois comme celle de la LRU :

-      Valérie Pécresse ne connaît pas le monde de l’université, elle n’a étudié qu’à l’ENA et à HEC

-      La LRU est l’application française du processus de Bologne. Or, les accords des Bologne ont été faits par un « groupe d’experts », de spécialistes donc, dont la vision du monde est sans doute inversement proportionnelle à leur degré de spécialisation. Les termes employés dans ce rapport (« capital humain et de l’innovation », « assurance qualité » dans la pédagogie, « outil de protection du consommateur » etc) sont ceux du marketing.

 
Je vous remercie de votre attention.
Par DEMS/MF - Publié dans : Textes d'automne 2007
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Samedi 8 décembre 2007 6 08 /12 /Déc /2007 09:30
En conclusion du dernier "post", nous nous demandions : que fait la Gauche ? Voici :

A 12h, AG des enseignants et personnels (60 personnes) dirigée par la Gauche
Morale : il n'y a rien de plus grave, dit elle, qu'un mouvement se termine sans concept ; la manifestation de jeudi n'a pas été convaincante sur le - plan - du - nombre - et - de - la - contruction - du - rapport - de - force, et il y a tant d'étudiants qui ne comprennent pas encore la LRU !

On vota une motion pâteuse (dont le texte n'est pas encore écrit) qui, entre autres initiatives pour la continuation du débat, appelle à la suspension de la suspension des cours, et cette double négation n'a rien de l'Aufhebung hegélienne mais veut dire tout simplement : reprise des cours.

Votre serviteur, qui n'a pas d'objection doctrinale contre la grève, ou contre la reprise, n'a pas pris part au vote, argüant qu'on n'avait pas à influer de l'extérieur sur un mouvement qui nous avait tout de même réuni, chers collègues ; et que la "sociologie des étudiants", appelée à la rescousse de cette éthique de la responsabilité appelée en renfort contre l'éthique de conviction, devait-être à tout le moins supplémentée par une "anthroplogie du mouvement", qui vous aurait permis, chers collègues, de mieux comprendre sa logique de l'intérieur.

Certains collègues, en écrasante et infamante minorité, furent sensibles à l'argument.

14 h, prise de bec inévitable pour expliquer ça à l'AG du comité de mobilisation.

Il y eut même un scandale dans les abords de l'amphi X, puisque les plus vaillant de la Gauche Morale, venaient dire aux étudiants que Bernard, le semi-délirant quasi-proclamé président du mouvement, était leur faire-valoir manipulé par leur manque de valeurs. Pauvres étudiants : ils n'avaient même pas pensé à ça.

L'AG de lundi 12 h, promet d'être olympienne et olympique.

La soirée commença dans le Bât. C, où l'on se mit à réagir à un communiqué des syndicats locaux, transmis sur allp8, par lequel on condamnait les trublions ayant malmené une UNEF responsable et compétente. Votre serviteur, pour calmer le jeu, trouve plus modéré d'illustrer les débats à ce moment par la scène plus classique de la motion des cosaques au grand Turc :



On fut plus cru qu'Apollinaire sur le sujet.

Puis, l'on se livra, comme à l'accoutumée, à des rites anti-ascétiques monstrueux, et même à d'infâmes saturnales que Durkheim, sous la notion de "groupe effervescent", indentifie comme l'adoration panique du Mana.


Votre serviteur n'a enregistré que les vestiges textuels de ces horribles épisodes, en remarquant, comme Tacite le fit, à propos de la prise du temple de Jérusalem par Titus en 79 après JC (?) que "tout ce qui est sacré chez eux, est criminel (incesta) chez nous." Voyez plutôt :




Par DEMS/MF - Publié dans : Fleurs d'automne 2007
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