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Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /Avr /2008 08:42
[Pendant que les lycéens cavalent dans les rues, que le printemps cherche à s'imposer, les choses vont leur cours dans l'enseignement supérieur : on s'achemine avec conformisme et petitesse vers la LRU. Grâce à la gauche, Paris 8 s'y achemine aussi, mais avec une réserve mentale : on y va, mais on n'est pas d'accord, na. Il n'y a donc strictement rien d'intéressant à dire, puisqu'il n'y a strictement rien d'intéressant qui se passe à Paris 8. Les manoeuvres électorales vont leur train, nos mails sont gonflés de profession de foi, et, comme le dit Nietszche "le désert croît". Pour vous éviter de somnoler, voici les mémoires d'un jeune combattant anti-LRU, déjà plusieurs fois auteur dans nos pages :]

Le texte qui suit est un regard partial et partiel sur la mobilisation contre la LRU, une critique subjective, donc contestable. J'espère qu'il suscitera des critiques afin d'ouvrir une discussion plutôt qu'une approbation molle pour ne pas discuter des points qui fâchent. Il ne peut y avoir de politique sans rencontre de différents points de vue. Le consensus d'office en politique est suspect ; au mieux il est hypocrisie, au pire il peut tourner au totalitarisme.
J'aimerais toutefois que ce texte soit lu comme une auto-critique collective et non pris comme une attaque. Je souhaite comprendre les contradictions du milieu universitaire et non reprocher quoi que ce soit à quiconque. Je tiens à dire que je ne m'exclus pas de ce que je critique ici, au contraire même, ayant participé assez activement à la mobilisation. Si je prends parfois quelques exemples qui ne me concernent pas directement (je ne faisais pas partie des étudiants qui scandaient « Paris 8 est l'avant garde », cf infra), ceux choisis ne sont qu'une cristallisation ou une caricature de ce qui se passait et à quoi j'ai participé.

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Par DEMS/MF
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Commentaires

"mais en pratique, ils considèrent déjà l'université actuelle comme un tremplin vers le marché du travail plutôt que comme un lieu d'émancipation intellectuelle, ceci au nom de la réalité"
Je pense que c'est un noeud de notre problème. L'université a peut-être déjà été transformée en ce que la LRU promeut.

Commentaire n°1 posté par crac boum buuh ! le 14/04/2008 à 10h54
"l'étude suppose une distance avec le monde nécessaire pour entrer en soi et remettre en question ses préjugés" attention : au nom de cette même distance, on chasse les sans pap' de l'EHESS...
Commentaire n°2 posté par buuh le 14/04/2008 à 10h58

"Le vrai problème à mes yeux, c'est qu'au quotidien, les étudiants ne se parlent pas, et ce depuis longtemps."
On peut remplace "les étudiants" par "les citoyens", non ?

Commentaire n°3 posté par b U u H le 14/04/2008 à 11h00

"Le problème ne vient pas des militants les plus engagés ou des syndiqués (du moins lorsqu'ils sont honnêtes) mais du pouvoir qu'on leur confère par la délégation de certaines tâches, comme ce fut le cas durant la LRU avec par exemple la lecture et l'analyse des textes de loi."
Je suis d'accord.

Commentaire n°4 posté par buuh le 14/04/2008 à 11h10

Vive l'arrière garde !

Commentaire n°5 posté par encore buuh le 14/04/2008 à 11h12

"Cette mobilisation a manqué d'amour"
hum...
Tu dis à la fin que notre système, qui nous aime très fort et nous chérit, est de plus en plus difficile à quitter. Je sais pas si il y a en effet un "progrès" de la maîtrise du pouvoir sur les individus, mais un chose me reste en tête depuis les grèves qu'elles soient anti-LRU ou des transports : la dénonciation de "PRISE D'OTAGE" des usagers de l'université ou de la RATP. Comme si soudain leur vie devenait impossible, et que c'était grave. C'est dire leur dépendance au système, à un point qui semble ridicule. Je me disais : oui ils sont otages, mais pas des grévistes éphémères de tous poils, mais tout au long de l'année du système qui gère leurs déplacements, leur formation et leur travail. Ainsi, où est la liberté promise partout ?
Cependant, il suffit parfois de faire un pas de côté, pour voir les choses différemment, je dirais (c'est personnel) pour vivre. Je pense, sans parler d'avant garde ce qui est ridicule, que ce n'est pas nouveau qu'il n'y ait qu'une minorité qui s'efforce de ne pas manipuler et de ne pas l'être. Et peut-être qu'il ne faut pas que ça nous bouffe tant que ça. Si je peux dire "nous", je dirais "disons merde".
Je ne suis sûrement pas clair.

Commentaire n°6 posté par buUh le 14/04/2008 à 11h36
Voici une réponse aux trois premiers commentaires de Buuh :

1. "L'université a peut-être déjà été transformée en ce que la LRU promeut."
Merci, je n'avais pas réussi à le dire aussi clairement.

2.
"l'étude suppose une distance avec le monde nécessaire pour entrer en soi et remettre en question ses préjugés" attention : au nom de cette même distance, on chasse les sans pap' de l'EHESS..
Quand je parle de distance avec le monde, je pense à un temps pour un retour sur soi, une ascèse, afin de réfléchir/questionner ce qu'on a lu ou vécu. Ce temps d'ascèse excède (voire s'oppose à) toute institution, et il ne se décrète pas par une institution.
Je ne vois pas ce temps de distance d'avec le monde comme une coupure, mais plutôt comme une condition pour aller vers autrui (par exemple les sans-papiers) : il faut s'écouter et se connaître soi-même un minimum pour dialoguer avec autrui.


3. "On peut remplacer "les étudiants" par "les citoyens", non ?"
Euh, oui. J'osais espérer que le milieu étudiant échappait à cela.


Commentaire n°7 posté par Adrien le 16/04/2008 à 21h02

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