Le communiqué de Sud-Etudiants me paraît assez proche de ce qu'on peut savoir en l'état actuel des choses, et de ce que nous avons pu voir. Je le cite :
"On était environ 80 (Sans Papiers et les soutiens étudiants, profs, salariés,etc). La présidence de la fac a invoqué le maintien de son choix de fermer la fac pour les vacances sans mettre en avant de vrais motfis si ce n'est qu'il n'y aura plus de chauffage, électricité (sic !) et qu'en contrepartie elle fera tout pour défendre la régularisation des Sans Papiers de Paris8. De surcroît, la présidence de paris8 n'a proposé aucun lieu alternatif pour la poursuite de la lutte collective des Sans Papiers.
Du coup, on a débattu en AG de ce qu'on devait faire (évacuer de notre gré, ou avec l'intervention des CRS). Le débat a duré... Au final, les Sans Papiers se sont réunis et ont voté la poursuite de l'occupation jusqu'à l'intervention des forces de l'ordre.
Après plusieurs heures d'attente, les CRS sont finalement intervenus vers 1h30 du matin. ILs nous ont délogé assez brutalement (un demi-dizaine de Sans Papiers et surtout parmi eux des grévistes de la faim) ont finit à l'hôpital (en l'occurence Bichat ou Delafontaine de St Denis)) (une à deux crises d'épilepsie, quelques blessés) et dangereusement (par un petit escalier où il y a eu de la bousculade). Mais il n'y a eu aucune arrestation.
Puis, nous avons regagné à pieds l'hôpital (Delafontaine de St Denis) où les Sans Papiers étaient pour les soutenir et nous abriter en attendant les premiers transports en commun.
Une liste de contacts a été effectué. Nous recevrons les infos des prochaines échéances. Et il y a comme même en attendant des membres des collectifs de Sans Papiers qui sont restés avec des étudiants à l'hôpital pour les épauler et les aider pour les prochains jours.
La lutte continue ! ! !
militant de SUD-Etudiant."
Il ne semble pas qu'il y ait de blessés graves, à la clinique Delafontaine une dizaine de blessés légers, je ne crois pas beaucoup plus. Mais nous n'avons pas de nouvelles claires des gens allongés, et disparus sous les charges de flics pour nous dégager de la sortie et du carrefour.
Comme votre serviteur est quelque peu fatigué, je ne dirais pas grand chose de plus. Les prêcheurs-évacuateurs se sont ensuite réunis pour se plaindre de la brutalité des flics qu'ils ont fait appeler. La belle affaire !
Mais ce n'est pas fini. La honte étant acquise (et certains l'assumaient déjà in situ avec une fierté compassée mais ferme), il faudra la boire. Bonne rasade. Je me demande si ce sera à petites lampées, ou d'un trait. Il faudra faire corps dans ce sentiment, chaque jour paraître digne, soucieux, modéré. Ne pas se faire trahir par un collègue trempant dans le même passage à l'acte. Un vrai petit gouvernement Guy Mollet* local.
Effacer l'image d'une femme allongée qu'on a fait piétiner. Mais non, nous n'y sommes pour rien ! Je n'y étais pour rien, voilà ce qu'ils répondront. Et il faudra se le répéter chaque jour à soi-même. Trouver des boucs-émissaires. Devenir un innocent confirmé. Morbide.
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*Le 19 juillet 1956, l'Assemblée nationale vote des pouvoirs spéciaux au gouvernement de Guy Mollet. Dans Le Socialisme trahi, A. Philip constate amèrement : « La droite se tait parce que ses idées sont au pouvoir, la gauche se tait parce que ses hommes y sont… ».
Toujours utile Wikipédia. D'ordinaire je n'écris rien qui ne soit susceptible d'y être référencé. Même le nom de Staline en géorgien. L'on a donc trop vite fait de me prêter les ressources de l'allusion quand on use de celles du micro-trottoir, un peu en-dessous, je le note, des l'incontestable qualité d'un blog qui se permet d'alluser sur votre serviteur. L'article de l'Humanité dimanche en date du 29 mars 2000, savamment mis en lien par un auteur aussi constant (et dans le même article), renforce une "information" que ne donne pas vraiment celui qui cite si bien ses sources. Je propose qu'il retrouve un article du même journal me concernant sur ce que le président Fabre, si qualifié, faisait à l'époque comme diagnostic mental à mon endroit, comme ça la citation sera parfaite, et le lecteur pleinement "informé". Je compte beaucoup sur ce blog pour qu'il donne des nouvelles démocratiques de mon état, quand, par un usage éprouvé des choses, j'occuperai les lieux d'un bâtiment psychiatrique. Ce sera encore certainement de ma faute. Les commentateurs, eux, sont toujours innocents. C'est même marqué dans l'Universel Reportage (allusion à Mallarmé).
Arbre à palabres