Anthropologie du Contemporain et Ethnologie Appliquée
Séminaire
Anthropologie
Une discipline à l’épreuve du contemporain
Jeudi
15 h- 18 h
Mettre l’anthropologie à l’épreuve de situations contemporaines, non pour rompre avec l’identité disciplinaire mais, au contraire, pour contribuer à la faire vivre, prolonger et diversifier l’apport : tel est l’objectif du séminaire proposé par les enseignants chercheurs de Paris8 en 2006-7. Chaque séance sera l’occasion d’un retour sur la trajectoire intellectuelle de la discipline et d’une présentation de recherches en cours.
26 octobre
Introduction
23 novembre
La politique
Coordination Sylvain Lazarus
14 décembre
La guerre
Coordination Emmanuel Mendes Sargo
25 janvier
La différence des sexes
Coordination Françoise Duroux
8 mars
La nature
Coordination Pierre Philippe Rey
29 mars
La ville
Coordination Alain Bertho
26 avril
L’image
Coordination Jean Luc Chevanne
24 mai
Le travail
Coordination Judith Hayem, Anne Duhin et Delphine Corteel
14 juin
Séance générale
A quoi sert l’anthropologie ?
Enjeux
Ce projet est une prise de position intellectuelle dans une conjoncture marquée par la thématique de la rupture, de la nouveauté, dans laquelle l’anthropologie peut être donnée comme une discipline destinée à s’éteindre ou à se fondre dans les autres sciences sociales. Sociologie et ethnologie ne sont-elles pas nées du « grand partage » de l’époque coloniale : ce partage de l’étude du « nous » et de l’étude des « autres », non exempt d’une certaine condescendance, fut aussi pour l’ethnologie génératrice d’une épistémologie de l’altérité.
La colonisation a pris fin, la globalisation est à l’ordre du jour. Le « grand partage » n’aurait donc plus lieu d’être : la mondialisation culturelle, en faisant disparaître les terrains exotiques de l’altérité, mettrait l’ethnologie en extinction. L’argument est trop simple. Car les questions de la singularité et de l’altérité se sont au contraire universalisées et nous devons les penser autrement qu’à travers les standards destructeurs d’une « ethnicité » essentialisée ou d’une identité irréductible et intangible des cultures.
Là où la sociologie cherche de nouveaux objets identifiables (« objet-Monde » ou « objet-mondialisation »), l’anthropologie sera plus ouverte à l’inconfort d’un changement de paradigme, dans les deux dimensions que lui donne Kuhn : changement des énoncés fondateurs des construction rationnelles communes et transformation du milieu scientifique lui-même, dans sa géométrie, ses apports, ses pratiques. Car la situation contemporaine soulève en particulier deux problèmes : celui du déplacement des terrains de l’altérité et celui du changement de paradigme.
Le premier point interroge l’anthropologie du point de vue de sa propre histoire.
Le second interpelle l’anthropologie, ainsi interrogée, du point de vue des difficultés de l’ensemble des sciences sociales face au contemporain.
L’anthropologie a de nouveaux défis cognitifs et théoriques à relever, une nouvelle histoire intellectuelle à écrire. Elle a commencé à le faire, sur le terrain de la vie urbaine depuis vingt ans déjà, sur le terrain de la mondialisation de la culture, sur celui des institutions…
Ce sont aussi des défis pratiques. La question du rapport à l’autre n’a rien d’un supplément d’âme culturel et sociétal. C’est aujourd’hui le nœud de multiples situations d’activité humaine. À l’heure où l’échange, la médiation, la production symbolique sont au cœur d’une activité productive et créatrice de plus en plus culturelle et immatérielle, l’anthropologie est de plus en plus appelée à être une discipline appliquée et à enrichir son apport théorique de cette exigence d’implication concrète en situation.
L’attention est donc portée sur une ethnologie/anthropologie qui ne se veut plus seulement d’observation mais qui est aussi soucieuse de ses applications possibles, notamment dans le champ de l’intervention et du développement et en regard des mutations culturelles de toutes sortes qui se produisent dans le monde contemporain.
Arbre à palabres